Je suis responsable.
- Elisa Hauet
- il y a 5 jours
- 4 min de lecture
Aujourd'hui, nous allons parler de notre pouvoir sur les choses et sur nous-même.
Ce sujet fait référence à plusieurs notions de Gestalt, notamment les zones d'influence, sujet majeur que nous allons détailler ici.
Mais d'abord, parlons du sujet de la responsabilité.
Dans une relation, qu'elle soit amicale, professionnelle ou amoureuse, nous avons tous et toutes conscience que chacun a une responsabilité dans ce lien, dans notre relation.
On entend souvent "il faut être deux pour qu'une amitié perdure", c'est la croyance commune. J'entends régulièrement, sur le ton du reproche "je suis la seule à prendre de ses nouvelles, si c'est pas moi qui l'appelle ou qui lui propose de se voir, il ne se passe rien".
On a tous vécu, entendu, ce genre de reproche, qui voudrait que chacun fasse un pas vers l'autre, le fameux 50/50.

En Gestalt, on va plus loin. On dit qu'on a 100% de la responsabilité des 50%. On ne renvoie pas à l'autre sa responsabilité: de toutes façons, je ne pourrai pas le/la changer. Si ton ami.e n'a pas un caractère à organiser, à penser à prendre son téléphone et son agenda, si elle ne le faisait pas l'année dernière, ni le mois dernier, elle ne le fera pas d'avantage aujourd'hui. Plutôt que de rester dans cet état d'esprit "râleur", tu peux choisir de prendre la responsabilité de vouloir entretenir cette relation. C'est un choix. Cela ne signifie pas que tu ne comptes pas pour cet.te ami.e, mais plutôt une aptitude que tu as et pas l'autre, et donc un choix. En conscience, ayant fait ce chemin avec toi-même, tu prends la responsabilité des liens que tu veux entretenir, plutôt que de t'écouter râler/ te placer en victime.
Parce que derrière cette notion de responsabilité, il y a son pendant : celle de la victime. Au sens de subir sa vie. En Gestalt, il n'est plus question de subir sa vie: on est acteur de ses choix. Je me suis plainte des années de mon appartement: trop de bruit, une avenue passante, un restaurant au rdc bruyant et odorant, les voisins du dessus bruyants aussi. Je m'en plaignais régulièrement auprès de mes amis. Jamais je n'aurai pensé déménager, je m'étais confortée dans cette situation qui ne m'allait pas, mais je préférais râler plutôt que de changer. Déménager me paraissait inconcevable. Me placer en victime était plus "facile". Le jour où je me suis installée dans mon nouvel appartement, que j'ai fait ce choix de reprendre le pouvoir, j'ai ressenti un réel bien-être, un apaisement, et une puissance. Pourquoi n'avais-je pas déménagé plus tôt !
Je suis passée du schéma "victime" au schéma créatrice de ma vie. Cette responsabilité finalement allège, car elle libère et nous rend puissant.
La première zone d'influence: moi
La seule zone sur laquelle j'ai réellement un pouvoir, une capacité de choix et d'action, c'est MOI. Je décide de ce que je pense, de ma petite voix qui me parle, de ce que je me dis. Est-ce que je me critique toute la journée "Oh tu as encore abusé sur le pain au chocolat à 23h, pas étonnant que tu ne rentres plus dans ton jean" ? Est-ce que je suis dure avec moi-même ? " Tu as raté ta vie, t'es même pas capable de rester en couple" Toutes ces petites phrases, certaines plus difficiles que d'autres, certaines qui peuvent paraitre annodines, qui ne le sont pas. Ce champ interne constitue un grand nombre de nos pensées, de notre façon de nous voir, de voir la vie. Je peux décider de comment je me parle quand je me regarde dans le miroir, ce que je pense de moi, ce que je me raconte. Cela peut etre positif, aimant, doux. Je suis responsable de mes actes, de comment je m'adresse aussi aux autres, à mon entourage, des choix que je fais pour ma vie: mes relations, mon travail, comment je passe mon temps.
Finalement, je n'ai de pouvoir uniquement sur moi, je suis la seule chose que je puisse changer. Je suis responsable de ce que j'éprouve, de comment je vis ma vie. Je suis le penseur de ma vie, et peux agir sur mes pensées. Qu'est ce que je veux ressentir ? J'ai la responsabilité de mon état intérieur.
La deuxième zone d'influence: les autres
Vouloir changer les autres est la plus grande source d'impuissance et de frustration.
Je suis responsable à 100% de mes 50% de la relation.
Il y a des outils: la conscience de ses propres enjeux, de sa façon de relationner, la page blanche, la communication non violente... On détaillera tous ces sujets dans d'autres articles sur le blog.
Si je change ma façon de relationner, d'entrer en relation avec les autres, il y a forcément un changement en retour de mon écosystème, de comment mes proches sont avec moi. Si je change, tout change autour de moi.
Si la relation est conflictuelle, une amitié toxique par exemple: c'est que quelque chose en moi accepte que cela nous blesse. J'ai toujours le choix. que cela soit une relation amoureuse, familiale, amicale: je peux décider de me comporter en adulte, de refuser de souffrir, et de faire le deuil de cette relation.
La 3e zone d'influence: le monde
Qu'il est difficile de vouloir changer le monde ! Il reste le chemin de l'acceptation: accepter ce qui ne peut pas être changé.
Le militantisme veut changer le monde, et cela reste envisageable, comme en période de crise, de révolution : cela demande beaucoup d'énergie et il y a une grande inertie.
En réalité, + on investit sa zone 1, + on peut changer le monde.
